Les jeux de guerre sur DS ne sont que peu représentés, avec notamment Advance Wars Dual Strike, qui entre plus dans le registre de la stratégie. Alors quand les joueurs acharnés veulent de l'action pure, Ubisoft sort sa carte Brothers In Arms.
C'est le parachute accroché à un arbre que notre soldat américain respirera ses premières bouffées d'air de la Normandie, première étape d'une des trois campagnes que propose le jeu. Oui, nous sommes bien encore en pleine Seconde Guerre Mondiale, mais les développeurs auront à leur avantage que le genre n'a pas encore été utilisé sur la console au double écran. Le pied posé à terre, le soldat se laisse admirer de dos, car le joueur va le contrôler à la troisième personne.
Le jeu reprend les contrôles des jeux à la première personne déjà parus sur DS, à savoir une vue contrôlée par un glissement du stylet sur l'écran tactile, l'utilisation de l'arme avec la gâchette, et le déplacement avec la croix ou les boutons selon que l'on est gaucher ou droitier. La plupart des joueurs ne seront donc pas perdus avec cette façon de jouer. Les nouveautés au niveau du gameplay se situent ailleurs. En plein combat, il sera possible de recharger simplement en faisant glisser l'icône du chargeur vide sur la partie principale de l'écran tactile pour que le joueur refasse le plein de munitions. C'est également par l'intermédiaire de l'écran tactile que le joueur pourra changer d'arme, parmi une large panoplie de... trois armes, la mitraillette, le fusil sniper et le lance-roquettes. Les grenades ne sont malgré tout pas oubliées, et bénéficient d'un maniement ingénieux : en cliquant sur l'icône de la grenade sur l'écran tactile, une jauge apparaît et une vue aérienne s'affiche sur l'écran supérieur. En glissant le stylet en haut ou en bas, la zone de réception va plus ou moins loin du joueur, symbolisé sur l'écran supérieur. Mais attention, je vous rappelle que c'est une grenade, et une grenade, ça explose, alors faites vite.
Boum, y a plus de toit
Visuellement, le jeu se veut carrément impressionnant, avec un personnage principal bien modélisé et un environnement crédible autant par sa réalisation que par sa mise en scène (malgré des textures pas fines du tout). Tout en 3D, les alliés et ennemis courent, se cachent, et la DS tient relativement le choc. Relativement, car si les ennemis sont parfois une dizaine à l'écran, que les explosions sont assez bien réalisées, que des éléments volent de partout, et que le personnage principal bénéficie même d'un effet d'éclairage lors des tirs, on s'aperçoit bien vite que le jeu tire sur la puissance de la DS à plein régime. En résulte donc une fluidité qui en prend un coup avec une quinzaine d'images par seconde, voire moins par moment. On finit par s'y résoudre, et cela n'entache même pas la mécanique de jeu bien huilée.
Oui, rappelez-vous, vous y avez déjà joué des dizaines de fois... la guerre. Dans cette mouture portable aucune mission ne tire parti des spécificités de la console pour le bon accomplissement des missions. Et le classicisme se sent tout de suite, d'autant que le joueur est honteusement guidé tout au long des treize missions du jeu. En effet, chaque objectif est symbolisé par un repère, vert quand il s'agit d'un déplacement et rouge lorsqu'il s'agit d'un ennemi à dérouiller. Oui vous avez bien lu, il y a bien des indications concernant la voie à suivre, et ce tout les trente mètres ! On a dès lors plus l'impression de suivre un chemin balisé plutôt qu'autre chose. Au menu des différentes activités autres que la randonnée meurtrière en campagne, Brothers In Arms propose des combats de chars d'assaut et des balades en Jeep. Un peu de variété qui se voit entachée par un manque de soin dans le gameplay. Les tanks semblent bien trop légers, et les combats à coup de missiles finissent par être trop répétitifs, même si par moment, pour varier, des soldats ennemis anti-chars essaient de vous coller une grenade dans char en montant dessus... à vous de vous en débarrasser ! Quant à la Jeep, elle ne présente aucun véritable intérêt, le joueur se contentant de piloter pendant que l'ordinateur zigouille les soldats alentour.
Frères d'Armes, frères de larmes
La maniabilité du titre est vraiment agréable. Le personnage se cache, se plaque contre les murs pour surprendre les soldats ennemis, place des explosifs... le stylet rend l'expérience très vivante, et les interactions avec les grenades par exemple rendent le tout plus immersif. La visée reste malgré tout un peu sensible, heureusement qu'une aide à la visée discrète améliore nos compétences, en plus d'une fonction zoom plaçant la caméra à la hauteur de l'épaule du soldat. A pied, pas de problème donc, même si l'impression de courir n'est pas présente, ce qui est sans doute dû au placement assez bas de la caméra. En véhicule, c'est autre chose, les tanks bénéficient d'une maniabilité pas transcendante mais convenable, entachée par une profondeur de champ ridicule ; les Jeep sont quant à elles assez irritantes par leur rigidité.
Les treize missions restent malgré tout variées, faisant parcourir la Normandie, la Tunisie, et les Ardennes. Dommage, voire même scandaleux, que la durée de vie ne tienne absolument pas la route. Pour finir les treize missions il ne faudra pas plus de quatre heures, la seule solution étant de recommencer le scénario dans une difficulté plus élevée. Alors on se demande, oui, mais après ? Après, il restera le mode multijoueurs, jouable jusqu'à quatre dans un mode Deathmatch en équipe ou non, dans cinq cartes différentes. Initiative sympathique même si on aurait préféré que le jeu ait une compatibilité Nintendo Wi-Fi Connection, ou au moins une fonction permettant de jouer à plusieurs même si on ne dispose que d'une cartouche pour tout le monde. Ici, c'est chacun pour soi.
Malgré tout, Brothers In Arms DS arrive à créer une véritable ambiance, notamment grâce à son excellente bande sonore... dommage que la durée de vie ne suive pas cette réalisation aux limites du hardware de la Nintendo DS. Un jeu très sympathique, si possible à petit prix.