Nous sommes en octobre 2002, la sortie du tout nouvel opus des aventures de Mario est imminente. La dernière fois qu'on a eu droit à un «vrai» Mario sur console de salon, c'était avec Super Mario 64, en... 1997! La barre avait donc été placée très haut... Voyons tout de suite ce que donne le successeur tant attendu.
Des vacances bien méritées
Mario est parti en vacances en compagnie de Peach et du folklorique Papy-Champi. Une sympathique introduction vous donne un aperçu des alléchants univers que vous réserve l'île Delphino. Vous atterrissez, et là, STUPEUR! Une affreuse flaque de boue fluo vous attaque, et un Mario tout noir (ça doit être le méchant, tiens...) vous toise du haut d'une statue ! Vous faites alors la connaissance d'une splendide pompe à eau...
Une pompe à eau? Mais pourquoi faire !?
Acquittez-vous de ce didacticiel à peine déguisé en utilisant la pompe pour nettoyer cette vilaine tache de boue et vous recevrez un soleil. Voilà tout le concept de Super Mario Sunshine.
«Ca a l'air nul, me direz-vous. Ils savent plus quoi inventer chez Nintendo!» Oui, mais voilà, c'est Nintendo ! Comme d'habitude, un concept simplissime et en apparence limitée se transforment en véritable coup de génie! Il ne vous faudra pas plus de deux minutes pour intégrer totalement le fonctionnement de votre nouvel engin, et vous oublierez bien vite qu'il s'agit d'un principe saugrenu. Vous pourrez tour à tour vaincre vos ennemis en les arrosant, survoler des précipices, ou encore franchir le mur du son en vous propulsant grâce à la puissance de vos jets (eh oui, l'énergie hydraulique fait des miracles !). Attention cependant à ne pas tomber à court d'eau.
Hormis cette nouveauté majeure qu'est votre ami J.E.T (c'est le nom de votre pompe), Super Mario Sunshine reprend en gros la recette de son illustre aîné sur N64. Vous évoluez dans un univers central (la place Delphino), à partir duquel vous accédez à différents niveaux où il vous faudra récupérer des soleils (à défaut d'étoiles). Un certain nombre d'épisodes ont d'autre part lieu sur cette même place, la rendant immensément plus animée que le château de SM64 (ce qui n'est pas difficile à vrai dire). Les nombreux autochtones, à qui vous pourrez parler, voire arroser (on s'amuse d'un rien), apportent encore à cette impression de vie.
Les niveaux, au nombre de dix, proposent des défis aussi nombreux que variés. Rassurez-vous, nettoyer n'est pas la seule chose à faire (sinon votre mère aurait pu s'en charger !). L'architecture des différents mondes vous offrira des phases de plate-formes dont la qualité n'égale que la difficulté.
Car, oui, il faut le dire, Super Mario Sunshine est LE jeu de plates-formes pour hardcore gamers. On a rarement vu un tel degré de complexité dans ce genre de soft. Vous allez tomber, vous allez mourir, vous allez vous énerver, mais vous en redemanderez!
Une réalisation exemplaire
Les graphismes sont d'excellente qualité. On aura beau dire que l'intérêt d'un Mario ne réside pas dans son esthétique, mais pour le coup, les choses n'ont pas été faites à moitié : La modélisation est soignée (Mario est enfin tout rond), les textures sont détaillées, les couleurs sont chatoyantes et les effets visuels sont géniaux (les émanations de chaleur au loin, et, surtout, LA FLOTTE !). Bref, c'est à chaque fois un vrai plaisir que de se replonger dans cet univers rafraichissant et ensoleillé. La profondeur de champ est immense, comme vous pourrez en juger lors de certains passages vertigineux où vous apercevrez les autre niveaux à l'horizon. Et pour ne rien gâcher, le mode 60hz est disponible!
Coté sons, c'est du Mario (vous vous attendiez à quoi d'autr e ?). Les nouveaux thèmes, du style vacances sous les tropiques, sont agrémentés de clins d'oeil aux mélodies immortelles des premiers opus. Notre plombier, quant à lui, est encore une fois le type le plus heureux de vivre du monde, avec une pêche incomparable et ses sempiternels cris de joie.
D'un point de vue jouabilité, on frôle évidemment la perfection, Nintendo oblige, avec une multitude d'actions possibles qui deviennent vite instinctives. Le contrôle est précis au millimètre, sans quoi il serait impossible de se sortir de certains passages. Mario peut sembler un peu «léger», notamment par rapport à SM64, mais rien de préjudiciable au plaisir de jeu. On peut parfois déplorer quelques angles de caméra foireux, et même si le personnage apparaît par transparence à travers les murs, cela ne suffira pas à vous éviter quelques chutes «pas vraiment de votre faute»...
Le nombre des défis proposés est suffisant pour que vous en ayez pour votre argent. Il vous faudra récupérer huit soleils dans chaque niveau, avec, comme dit plus haut, des situations variées (course de poulpe, tour de montagnes russes...). Le fun est en tout cas présent à chaque instant.
Que du bon, alors ? Et bien OUI! Toutes ces louanges sont méritées. On pourrait vous trouver des très rares petits défauts, mais ce serait vraiment pour chipoter, hein !
Le scénario, bien sûr, n'est qu'un prétexte à mettre en scène les passages de plates-formes. Ne vous attendez donc à rien de transcendant sur ce plan (mais qui irait acheter un Mario pour la richesse du scénario ?). La difficulté, si elle est un atout pour un public de chevronnés, pourra éventuellement rebuter les novices. Il est vrai que de jeunes enfants, par exemple, risquent de ne pas aller très loin dans l'aventure. Mais la rudesse des défis est tout de même progressive, et la maniabilité exemplaire fait que vous ne serez jamais lassé, pour peu que vous vous accrochiez un peu. Et puis d'habitude on critique parce que c'est trop facile ! Ensuite ? Bah... Il y a bien la place Delphino, qui, plongée dans la pénombre au début du jeu, n'apparaît pas immédiatement dans toute sa splendeur... (vous devez récolter des soleils pour rétablir la lumière du jour. On n'a rien sans rien...)
Enfin, vous l'aurez compris, il ne s'agit là que de défauts qui n'en sont pas vraiment. Non, décidément, ce jeu est une bombe!
Le mot de la fin
Super Mario Sunshine est donc un must absolu si vous êtes un fan de plates-formes. Il vous proposera un niveau de jeu que vous ne trouverez dans aucun autre. Les jeux de plates-formes 3D sont souvent taxés d'être trop simples, il est l'un des rares à déroger à cette règle. Moins innovant tout de même que son prédécesseur (on n'invente pas la plate-forme 3D tous les jours!), il reste, même quelques années après sa sortie, ce qui se fait de mieux dans sa catégorie. Avec sa réédition à prix réduit, il serait impardonnable de le manquer.