Le Polar s'invite sur DS
En veux-tu, en voilà ! Encore un genre un peu spécial sur Nintendo DS. Hotel Dusk se prête très bien au roman policier puisque l'histoire tient extraordinairement bien la route. Les grands lecteurs du genre ne seront pas dépaysés surtout qu' Hotel Dusk : Room 215 est un véritable livre interactif qui demande beaucoup de lecture. Mais pour ceux qui n'aiment pas lire, ne partez pas tout de suite car il propose encore bien plus de choses intéressantes qui pourraient même vous faire craquer. Inutile de chercher une comparaison avec Phoenix Wright puisque longuement comparés, ces deux titres n'ont finalement pas grand chose en commun. Hotel Dusk privilégie une histoire intrigante, poignante en ne laissant que peu de places aux hors-sujet et rires d'un Phoenix.
Une histoire astucieusement menée
Puisque l'histoire est forcément le plus important, j'y viens tout de suite sans pour autant dévoiler quoi que ce soit bien entendu. Il y'a tout d'abord le passé : Année 1976, Kyle Hyde mène une vie de détective tout à fait normale avec son compère Brian Bradley, quand le 24 décembre 1976 vient noircir sa vie. Alors qu'ils étaient tous les deux à essayer de stopper un réseau criminel, Kyle apprend par le biais d'un appel que son ami est intégré au réseau. Il ne peut s'empêcher, bien évidemment, de se rendre sur les lieux et tirer sur son ami qui tombe à l'eau. Bouleversé par les évènements il continue de croire que son ex-coéquipier est encore en vie et qu'il se cache. L'histoire reprend en 1979, Kyle Hyde est devenu un homme plutôt simple, il a abandonné de son propre souhait son ancien métier de flic et pratique maintenant quelques petits boulots de représentant pour Ed. A titre professionnel Kyle se rend donc dans un "a priori" simple hôtel sauf que son patron a des idées derrière la tête. Ed, le responsable de Red Crown sait que le diable se trouve peut-être par là. A vous de jouer ensuite et de suivre les consignes de votre supérieur pour éclaircir cette histoire que notre héros n'avait pas oubliée.
Le mystère règne
Pour mener à bien le scénario, on trouve une pléthore de personnages intrigants. Ils proviennent généralement soit du personnel de l'hôtel, car l'histoire se déroule essentiellement dans le milieu clos qu'est l'hôtel, mais peuvent également être clients de cet hôtel. On fait la connaissance du proprio, de la bonne, d'un ancien voyou, d'une fille mystérieuse, d'une jeune fille, d'une vieille dame, d'un écrivain et compagnie. On est tenté de se dire alors : Comment vont-ils réussir à faire rimer cette histoire ? Magnifiquement... Alors que les interlocuteurs paraissent très éloignés, que ce soit par leur passé, leur métier, ou encore leur âge, Cing maitrise son sujet à merveille avec une histoire à rebondissements puisqu'ils ont tous leur importance dans le déroulement de l'histoire et apportent à un moment une pièce maitresse à l'avancée de notre héros dans son enquête. Pour assurer une crédibilité encore plus forte la DS se positionne à la verticale comme dans Dr Kawashima : Quel âge à votre cerveau. Les personnages dialoguent ainsi côte à côte contrairement justement à Phoenix Wright qui conserve lui le sens original de la DS.
Le carnet de bord : notre meilleur ami
Pour s'aider et continuer son avancée dans le jeu, il ne faut pas hésiter à consulter son carnet de bord. Celui-ci s'ouvre tout simplement par un clic sur une petite icône en bas de l'écran tactile. A l'intérieur de ce livre on retrouve les objets essentiels à l'avancée dans le jeu. Les objets parmi lesquels pince, pied-de-biche, clé, dollar, note et divers objets récupérés au cours de notre aventure servent à nous débloquer de certaines situations assez délicates et très bien pensées. Premier exemple : votre clé casse ? Utilisez le fil de fer d'un cintre pour ouvrir votre valise. Toutes ces courtes actions se réalisent manuellement avec le stylet. Le carnet de bord n'oublie pas de vous rappeler l'essentiel : Les personnages et leur description ainsi qu'un compte-rendu des évènements de chaque chapitre. Ce compte-rendu nous est également rappelé à la fin de chaque chapitre dans un QCM sur les dernières infos découvertes. Hyde n'oublie pas également d'utiliser sa carte (lorsqu'il se perd dans l'étage), ou encore de prendre des notes. Parfois il faut se rappeler des choses à faire à certains moments du jeu comme aller à la chambre d'un protagoniste à 8h précises, tout ceci par l'horloge interne du jeu. Ces notes peuvent sinon être utilisées comme notre propre mémo, on note ainsi que l'on doit aller parler à un tel, qu'on a un objet perdu à redonner à un client de l'hôtel, etc...
Pas d'écart scénaristique
Seul un reproche peut-être fait à Hotel Dusk : Room 215. Il a tendance à nous diriger trop fréquemment vers la suite, ce que certains regretteront. Il devient difficile de se perdre, ce qui est plutôt bien, mais impossible également de s'éloigner de l'histoire principale contrairement à un Phoenix Wright laissant un peu plus de liberté aux joueurs. Hotel Dusk se joue par chapitres divisés en tranches horaires (Chapitre 3 - 6h00 à 7h00). Hotel Dusk possède 10 chapitres répartis de la sorte, parfois plus courts, parfois plus longs. Ces mêmes chapitres sont à nouveau divisés en sous-chapitres. Ce fonctionnement ne pose de toute façon aucun problème puisque l'on peut sauvegarder notre partie à n'importe quel moment.
L'utilisation du stylet
Hotel Dusk apporte plus de mouvements que Phoenix Wright, auquel on ne peut s'empêcher de le comparer malgré leurs différences. Contrairement à l'avocat, on dirige totalement notre détective à travers les différents lieux sans jamais être en phase statique. Sur l'écran tactile on dirige notre personnage dans un environnement 2D, en quelque sorte un plan amélioré et plus détaillé qui nous indique les personnes avec qui interagir, les lieux et les objets. Sur l'écran de gauche, on retrouve la même chose mais cette fois-ci en 3D. En interagissant avec une personne, ou en zoomant sur une zone de la pièce (notamment les portes) notre héros se retrouve sur l'écran de gauche et laisse la place sur l'écran tactile aux diverses manipulations (discuter, ouvrir une porte, décrire un objet). Pour ouvrir une porte, il suffit de cliquer sur la serrure, pour frapper donner deux coups sur la porte. C'est plein de petites choses du genre qui rendent l'interactivité du jeu fort agréable. Lors des discussions, il arrive qu'une chose surprenne notre héros, une icône "point d'interrogation" apparaît alors sur l'écran de gauche. Il ne suffit plus, une fois la discussion initiale finie de lui poser cette question. La couleur du "?" indique à qui la question doit être posée : Soit à un personnage précis, à plusieurs personnes et les questions rouges : Obligatoire pour résoudre une énigme. Attention à ne pas être trop bavard ou c'est le "Game Over" : après avoir fouillé le bureau du maitre d'hôtel, il ne faut évidemment pas venir lui poser une question concernant les découvertes de Kyle Hyde au risque de se faire virer.