Depuis 1985, la série
Castlevania, développée par Konami, a donné ses lettres de noblesse au jeu d’action/aventure 2D. Cette série a marqué une génération par une ambiance fantastico-gothique excellemment bien rendue, tant au niveau des graphismes que des musiques savamment orchestrées. La saga s’est étendue sur maintes plates-formes, passant même par une conversion 3D mitigée. Dernièrement trois épisodes ont vu le jour sur GBA, apportant des innovations à la série, tout en gardant le style 2D. Mais que pouvait-il y’avoir comme innovations pour l’épisode Nintendo DS ?
Reprenant le flambeau de l’histoire d’
Aria of Sorrow sur GBA, l’action se situe en 2036, un an après que Soma Cruz, le héros, a découvert qu’il était devenu « Dracula ». Par cela on entend bien qu’il a les pouvoirs de Dracula, s’emparer de l’âme des gens. Croyant son pouvoir dissipé, Soma se voit pourtant un jour agressé par une femme mystérieuse, Celia Fortner, qui a dans l’esprit de créer un nouveau maître des ténèbres. Pour cela, il faut bien sur qu’elle évince Soma. C’est sur ce début d’histoire que ce dépose la trame d’un épisode fidèle à la série. On est tout de suite frappé par la beauté de la 2D. La puissance de la DS nous offre un modèle de clarté, embelli par des effets visuels somptueux. A cela s’ajoute une musique magnifique et vraiment dans le ton de la série. Jouer au casque permet de s’immerger encore plus dans l’ambiance, mais même les hauts parleurs remplissent leur fonction. On se surprend à vouloir toujours aller plus loin dans l’aventure. Mais de quoi cette dernière se compose t-elle ? On peut vraiment comparer un
Castlevania à un
Metroid, tant au niveau de l’ambiance mystérieuse qui s’en dégage que de la manière de jouer. Le joueur évolue dans un univers à priori inconnu, un peu désemparé. La trame est évidemment linéaire au début, du fait que Soma ne possède aucun pouvoir particulier lui permettant d’atteindre des plates-formes éloignées ou d’ouvrir des portes spéciales. C’est donc dans cette chasse aux pouvoirs que l’on doit se lancer, combattant des hordes de monstres fantaisistes le long des couloirs qui composent les lieux.
Pour ce faire, adieu le fouet fétiche de la série, on retrouve depuis l’épisode précédent des armes blanches, comme des épées ou autres sabres. Bien sur à tout cela viendront s’ajouter des armes lourdes, telles des massues, des haches, ou même des fusils au fil de la partie. Autant de manières qui permettront de liquider des armées de monstres rapides et meurtriers, tout du moins au début. Car à chaque coup porté à un monstre, de l’expérience est attribuée à Soma, de quoi ajouter une touche de jeu de rôle à l’ensemble. On peut également obtenir, et cela aléatoirement, l’âme des monstres. Cela est un point important, car il permet d’acquérir le pouvoir de ce monstre (lancer des os, invoquer un zombie,…il y’en a une bonne centaine !!). Cela étend la variété des rixes, mais cela consomme des points de magie ! Il faudra alors ne pas abuser de ces pouvoirs, qui peuvent être répartis en trois catégories : les pouvoirs utilisables par impulsion (par pression d’une combinaison de touches), les pouvoirs « Gardien » (activables par pression sur R, consommant plus de points de magie selon le temps de pression), et les pouvoirs autonomes (actifs tout le temps et ne consommant pas de points de magie). Certaines âmes peuvent être fusionnées avec certaines armes, afin de décupler leur puissance. Un bon moyen d’augmenter ses chances contre des boss monstrueux, pas forcément plus gros que certains ennemis (énormes !), mais plus fourbes et puissants. Ces boss sont d’ailleurs l’occasion d’affronter une araignée faisant du vaudou, ou encore de combattre en chute libre. Pour achever ces horreurs, un nouveau système prend place, profitant de l’écran tactile de la console : les sceaux.


Ces sceaux ressemblant à des symboles satanistes servent également de clés à certaines portes. Ils doivent être retrouvés dans les parties du jeu afin d’ouvrir les portes permettant de progresser dans l’histoire. Mais ils sont aussi le seul et unique moyen d’achever une bonne fois pour toute un boss belliqueux. Pour cela, lorsque le boss en question s’affaiblira, ou sera sur le point de succomber, vous devrez reproduire le sceau sur l’écran tactile, avec le stylet. Bien sûr, maîtrise de soi, rapidité et mémoire seront vos seuls alliés, lorsque, étant entre la vie et la mort, vous devrez sortir à toute vitesse le stylet de son logement, vous rappeler du dessin du sceau, et le reproduire sans erreur. Le cas échéant, vous aurez le plaisir de voir le monstre s’écrouler sous la symbolique de ce geste (et vous pourrez souffler…). Par contre, si vous échouez, le boss reprendra du poil de la bête et vous devrez lui remettre une sacrée raclée avant de pouvoir retenter le sceau. Cette utilisation du stylet est originale, mais ce dernier n’est pas utile qu’à ça. Il pourra détruire des blocs de glace lors de simili phases de casse-tête, ou encore contrôler des pouvoirs…
La durée de vie du soft dépend évidemment du niveau du joueur, mais le jeu n’est pas insurmontable, et la fin pointe son nez vers les dix heures de jeu. Cependant, souvent décriée par les amateurs de la série, qui ont fini par l’accepter comme un gage de qualité plutôt que de quantité, la durée de vie finale semble plus longue que ça. En effet des fins cachées existent, ainsi que des modes de jeu supplémentaires, comme le Boss Rush (ou l’on s’enfile tous les boss d’une traite), ou encore on peux partir à la recherche de toutes les âmes des monstres (du boulot en perspective !). Et pour ceux qui ne seraient pas satisfaits, ils pourront mettre au défi un adversaire réel en LAN dans un niveau qu’ils auront eux-mêmes garni des monstres de leur choix placés à l’aide du stylet.
Véritable pierre angulaire de la série, s’approchant d’un
Symphony of the Night sur PsOne, cet épisode est un monument du jeu en 2D tant par son contenu riche et par son ambiance donnant inlassablement envie d’y retourner. La série de blocks-busters de fin d’année sur Nintendo DS commence très fort.