Après la venue d'un Mario Kart splendide sur Nintendo DS, il était sans doute risqué pour un développeur de se lancer dans la même voie. Mais RareWare, appartenant désormais à Microsoft, a décidé de ressortir Diddy Kong Racing DS, qui rejoint tout à fait le principe d'un Mario Kart. Il s'agit d'une stratégie pas tout à fait compréhensible lorsqu'on sait que RareWare c'est aussi Banjo et Kazooie, Goldeneye, Get Force Gemini, Perfect Dark, et que sur Nintendo DS nous avons déjà notre Mario Kart. Maintenant, est-ce que Diddy et ses amis ont des chances de concurrencer sérieusement Mario Kart DS ? La réponse est plus que mitigée.
Diddy Kong Racing DS a, sur le papier, de nombreux atouts en plus d'un Mario Kart qui pourrait faire pencher la balance. Par exemple, le principe du mode Histoire est très plaisant. Dans ce mode qui est le mode principal du jeu, le but final sera de terrasser le méchant Wizpig à l'aide des petits de la troupe de Donkey Kong. Mais comme on ne veut pas de violence, vous devrez humilier l'horrible Wizpig en faisant la course. Avant cela, vous devrez débloquer toutes les autres courses, ce qui vous amènera à la course finale contre le méchant. Pour cela, vous devrez vous déplacer dans le monde "principal" à l'aide de trois engins différents : avec l'aéroglisseur, vous aurez accès par exemple à une île, l'avion vous permettra d'accéder aux courses situées dans les hauteurs, avec la voiture vous pourrez accéder aux portes situées à même le sol. Le but sera alors d'entrer dans ces grosses portes ; sur celles-ci sont inscrits des chiffres qui correspondent à un nombre de ballons d'or que vous devez posséder pour entrer. Une fois à l'intérieur d'une de ces portes, c'est la même chanson, vous avez différentes portes qui vous donnent accès à des courses, sur chacune de ces portes est inscrit un chiffre, si vous n'avez pas assez de ballons d'or, vous ne pouvez pas participer à la course. Sans une petite précision, vous ne verrez pas comment on peut avancer dans le jeu. En fait, les ballons d'or se gagnent en remportant des courses. Et c'est grâce à ce système que le joueur pourra se déplacer librement dans le monde du mode histoire tout en choisissant les courses auxquelles il a accès et en débloquant d'autres lieux et courses.
Si on apprécie la variété du choix des véhicules (avion, aéroglisseur, voiture) on regrettera le manque de sensations de vitesse. Au niveau de la maniabilité, on n'atteint pas les sommets, car même si les engins sont agréables à diriger, on est loin du plaisir que procure Mario Kart. Les items permettant de se défendre ou d'attaquer manquent également d'attraction. Pour un peu plus entrer dans les détails, vous avez des ballons de couleurs différentes placés sur les pistes : les ballons bleus par exemple vous donnent un boost, si vous prenez deux ballons bleus vous aurez un boost plus puissant, et ceci jusqu'au troisième ballon. Cette règle est identique pour toutes les sortes de ballons. Au premier ballon rouge par exemple vous recevrez un missile, au deuxième vous recevez plusieurs missiles, et au troisième plusieurs missiles à tête chercheuse.
Les items d'invisibilité et l'huile à répandre par terre sont également de la partie. Petite nouveauté censée rafraîchir un peu plus le soft, vous pourrez faire des départs rapides - non pas en accélérant au bon moment, mais en interagissant avec les fonctionnalités de la DS. Pour la voiture, vous devrez frotter avec le stylet sur l'écran tactile, une jauge vous informera à quel niveau le boost fera effet. Avec l'avion vous devrez tourner l'hélice avec le stylet et avec l'aéroglisseur vous devrez souffler très fort dans le micro. Les actions au stylet ne sont vraiment pas pratiques puisque les véhicules se dirigent au pad, il faudra alors immédiatement lâcher le stylet après votre départ turbo pour ne pas vous prendre un mur. Durant les courses, vous pourrez également récolter des pièces qui augmenteront la vitesse de votre bolide (l'aquivalent des bananes sur Nintendo 64), mais pour cela, vous devrez emprunter des courbes inhabituelles. A vous de trouver votre propre technique de conduite en somme.
On pourra préciser que Diddy Kong Racing DS nous propose de nouveaux éléments qui sont propres à la console, on pensera au shoot de ballon : posé sur un tapis volant qui avance dans les courses à vitesse constante, votre but sera de shooter des ballons et de récolter des pièces, le tout à l'aide du stylet. Un éditeur de niveau anecdotique est également débloquable, mais la tâche sera difficile, car il vous faudra récolter assez de pièces pour pouvoir acheter ce bonus parmi tant d'autres. Le jeu demeure plus intéressant pour les acharnés que les joueurs occasionels. Cela dit, le gros atout du jeu réside quand même dans le mode multijoueurs. Lorsque sur N64 on ne pouvait jouer qu'à quatre, sur Nintendo DS nous pouvons jouer à huit en réseau local ou six sur Internet. Cependant, pour jouer en ligne à six, il faudra être patient avant que tout le monde soit prêt et présent pour jouer. Avec un peu de chance, dans quelques temps les fous de Diddy seront plus nombreux sur la toile.
Techniquement, on peut dire que Diddy Kong Racing DS est identique à la version N64, à la différence du flou qui est remplacé par des pixels immenses à certains endroits. Même si c'est sympa dans l'ensemble, on est loin encore une fois de Mario Kart DS, et la comparaison est inévitable.
Ce Diddy Kong Racing est au final un bon petit Mario Kart-like, mais qui n'en atteint pas la perfection, même si certains éléments sont sur le papier plus intéressants. Le fun n'est pas aussi présent que dans Mario Kart, et on regrettera que RareWare n'ait pas fait un nouvel épisode réellement adapté à la DS plutôt qu'un remake. On oserait même penser que la société aurait dû nous sortir un remake qui concurrencerait le médiocre Goldeneye déjà paru sur DS sorti des studios d'Electronic Arts.