Personne ne s'est jamais demandé jusqu'où iraient certains éditeurs sans foi ni loi pour glaner quelques deniers sonnants et trébuchants ? Parce qu'en voyant À prendre ou à laisser, on est en droit de se demander si
Papier-caillou-ciseaux DS ou encore
Touch, jouons à la marelle vont voir le jour. Avant de commencer je vous propose de vous mettre dans l'ambiance avec cette musique :
En soi, produire un jeu vidéo basé sur un jeu télévisé peut être concevable. Encore faut-il que ledit jeu soit adaptable... Et À prendre ou à laisser ne fait assurément pas partie de ces jeux. Si vous ne connaissez pas le principe je vais vous l'exposer en deux mots : vous avez une boîte devant vous, contenant une certaine somme d'argent. Avec vous se trouvent 23 autres personnes, toutes de régions différentes (ça n'a aucun interêt, c'est juste pour donner l'illusion d'un contenu recherché). Tous ont des boîtes similaires à la vôtre. Le but du jeu est d'éliminer les boîtes, une par une et de découvrir le montant que vous avez perdu en l'éliminant, c'est là qu'intervient l'invité puisque c'est lui qui va ouvrir sa boîte. Il y a en tout 24 sommes d'argent différentes, de 0,01€ à 1 000 000€, le but étant de gagner le plus possible évidemment. Le petit plus est qu'au cours du jeu un personnage appelé le banquier peut vous proposer le rachat de votre boîte ou encore de l'échanger avec une de celles encore en jeu. Il ne tient qu'à vous de choisir la bonne boîte ou d'accepter la somme proposée. L'intérêt de ce jeu est évident : ne disposant d'aucune indication, les nerfs du candidat sont mis à rude épreuve, tenté par les offres du banquier, horrifié à l'idée d'éliminer la fameuse boîte aux 1 000 000€ tant convoitée. Toutes ces émotions dont raffole tant le téléspectateur ne se retrouvent pas dans À prendre ou à laisser sur DS. Bien sûr, vous croyiez quoi ? Aucun challenge, si ce n'est d'avoir de la chance, et évidemment aucun intérêt à gagner, si ce n'est se prouver qu'on a de la chance...
C'est dans la boîte !
Et Arthur, présent sur la jaquette du jeu, n'est qu'une illusion pour vous pousser à l'achat, le jeu n'est absolument pas fidèle à l'émission en ce qui le concerne : il n'apparaît pas dans le jeu. Les présentations sont faites, nous pouvons allumer notre console ! Hourra. Une fois nos yeux habitués à l'austérité des menus et notre profil créé (on peut en créer trois mais je pense qu'avec la place que prend le jeu sur la cartouche on doit bien pouvoir en stocker un millier, et je suis gentil) on se dirigera naturellement vers le mode « nouvelle partie » en laissant volontairement de côté le mode tutoriel. Ici on vous proposera trois possibilités : le mode candidat, le mode Banquier et le mode Gage. Le déroulement d'une partie est simple : on choisit une boîte, on choisit les boîtes à ouvrir, on prend ou on laisse les propositions du banquier, on regarde combien on a gagné et on brûle le jeu (si la dernière étape n'est pas une constante, elle est tout de même fortement recommandée).
Dring dring, c'est le Banquier
C'est tout ? Ben oui. Je pourrais évidemment vous parler des différents intervenants ouvreurs de boites qui, soit dit en passant, sont toujours les mêmes et changent de région à chaque partie, affreusement modélisés. Ou encore de la musique d'ambiance insupportable et des couleurs criardes. Et je pourrais terminer avec la magnifique animation accompagnant l'ouverture d'une boîte : toujours la même quel que soit le montant de celle-ci. Le mode banquier quant à lui vous propose de prendre la place du banquier. C'est à dire que vous regarderez l'ordinateur choisir les boîtes et qu'au moment de l'appel du Banquier c'est vous qui choisissez ! Incroyable ! Vous pouvez donner le choix à l'ordinateur d'échanger sa boîte ou de vous la vendre ! Bref... Une mode à éviter, tout autant que le jeu lui-même voire encore plus. Et enfin le mode gage ! Alors celui-là est magnifique : quatre thèmes différents et pour les débloquer il faudra gagner un montant prédéfini durant le mode Candidat. Je n'ai débloqué que le premier (et j'ai frôlé du même coup la crise de nerfs et le suicide par défenestration) en gagnant deux millions d'euros ! Et oui, cela représente 35 parties jouées (car bien sûr je n'ai jamais gagné les plus grosses boîtes) et c'était l'horreur totale, le calvaire intergalactique ! Mais j'ai fini par le débloquer. Le principe est simple : dans les boîtes il y a des gages, et sinon c'est la même chose qu'avec l'argent. Les gages se classent en deux catégories : ceux de pauvres et ceux de riches. On vous proposera de nettoyer les vitres ou encore de promener le chien et si par malheur vous avez un gage de riche alors cela sera plutôt un weekend en province en train ou la visite d'une capitale européenne... Très réalisables les gages, je me permets de suggérer ceux-ci aux développeurs : mangez un aspirateur et brûlez 8 000 euros, ils feront fureur !
And the winner is ...
Notez aussi qu'une fois la partie lancée on ne peut pas quitter. Vous avez bien entendu : impossible de quitter. Il faudra éteindre la console. Comment définir cet état de fait ? Minable, je pense que c'est le mot. Puisque les modes jouables sont nuls, intéressons-nous aux crédits ! Honnêtement en cliquant sur crédits je m'attendais vraiment à voir « un poulet » ou « Bob l'éponge » mais pas une équipe aussi complète ! On le constate, il faut une fine équipe avec beaucoup de membres pour produire une daube, ça demande du temps !
Nous avons donc fait le tour du jeu, il n'existe pas de mot pour décrire une arnaque pareille, une ignominie de ce genre. A prendre ou à laisser est un jeu pitoyable.