Avec l’apparition de la DS est venu le temps de logiciels extraordinaires, que l’on n’aurait jamais pensé devenir des jeux vidéo à part entière. Cuisine, chouchoutage d’animaux, simulation de chirurgie, tout y sera passé. Même un simulateur de guitare. Ben si.
C’est ce que propose Ubisoft avec Jam Sessions, délicieuse occidentalisation d’un titre sorti dans les premiers mois de la vie de la console au double écran au Japon sous le doux nom de
Hiite Utaeru DS Guitar M-06 (oui tout ça). Alors, en principe, un jeu de guitare peut sembler étrange, même pour une console qui a l’avantage d’être plus petite qu’une guitare (même la DS première génération est plus petite, vous pouvez vérifier). Mais le produit en main, on se rend compte que ce logiciel est tout de même assez agréable. On aurait pu en douter, compte tenu des capacités limitées de la DS en matière de rendu sonore, pourtant, les échantillons sont d’excellente facture.
The stylus of Destiny
Mais alors, on joue comment à Jam Sessions ? Quiconque a déjà approché une guitare sait qu’il y a plusieurs façons d’en jouer, notamment par le biais d’accords. Il s’agit donc des frottements de toutes les cordes, mais dont le son est modulé selon la position des doigts sur le manche. Jam Sessions nous permet de recréer cet effet, et donc de recréer un rythme entraînant qui fera dodeliner la tête des petits et des grands. Attendez, je suis sûr que vous vous demandez où se situe ce fameux manche sur votre Nintendo DS. Si c’est le cas, je pense que vous serez ravis d’apprendre que le jeu n’en a pas besoin, puisqu’il propose un système bien plus pratique. En effet, alors que votre stylet grattera l’écran tactile, vous pourrez choisir entre seize accords différents que vous aurez prédéfinis au préalable. Chacun de ces accords est assigné à une direction de la croix directionnelle (ou des boutons X, Y, A, et B pour les gauchers) en incluant les diagonales. Attendez, ça ne fait que huit choix ça ! Non, car une palette supplémentaire est accessibles en pressant L ou R. Dix de ces paires de palettes d’accords sont modifiables puis mémorisables. Pour éditer les accords, il suffit de choisir la note principale de l’accord puis de faire glisser l’une de ses variantes à l’emplacement choisi correspondant à la croix. Vous l’avez compris, maintenant que l’on a une palette d’accords, il faut pouvoir les utiliser. Il faut donc tout simplement maintenir une direction de la croix directionnelle et de donner un coup vers le bas sur l’écran tactile, comme un guitariste le ferait. A noter que dans chaque sens, cela produit une sonorité différente, minime mais reconnaissable.
Playlist goûtue
Vous n’avez pas l’âme d’un musicien ? Qu’à cela ne tienne, Ubisoft a pensé à tout le monde, en proposant une liste de chansons de toutes origines, avec par exemple
Yellow de Coldplay ou
I’m with You d’Avril Lavigne. On notera même des artistes français de renom comme Indochine, Mickey 3D, ou les Négresses Vertes. Mais quid des grands comme Brel ou Brassens ? Ne boudons pas, cette fonction est très appréciable puisqu’elle est en quelque sorte un petit karaoké. En effet, pour chaque chanson on peut suivre les accords à jouer, selon le bon rythme, ainsi que les paroles. Le tout marche étonnamment bien et pourra ravir les moins créatifs. Ludiquement, le jeu est donc un titre entrainant, digne de soirées de scouts autour d’un feu de camp. Techniquement, il est moins à la fête, avec une interface claire mais pas forcément très conviviale pour les non-initiés. Des fonds d’écrans sont disponibles afin de personnaliser un peu sa guitare de poche, mais rien de transcendant. L’ambiance sonore, quant à elle, est de bonne facture, chaque échantillon de guitare bénéficiant d’une compression bien efficace, sans que l’on entende le moindre souffle. A noter que le jeu propose de brancher la console sur un ampli par la prise casque, et de transformer ainsi le micro de la DS en micro de concert (enfin presque). Quelques effets seront de la partie pour égayer vos compositions, mais il est dommage qu'ils offrent au final un rendu de piètre qualité. On jouera sans.
Original, Jam Sessions l’est, c’est indéniable. Seulement, seuls les joueurs ayant la réelle envie de se faire plaisir en emmenant un instrument partout seront comblés. Les autres, amusés pendant quelques instants, se lasseront après quelques chansons.