Les Warhammer, c'est un peu la passion du maquettiste et du rôliste réunis. Forts de leur réputation en tant que produit palpable de collection, les Warhammer se décident enfin à envahir de domaine du jeu vidéo portable, à travers leur série 40.000 prenant lieu dans un univers futuriste.
Tous les univers futuristes sont en proie à un mal destructeur, c'est bien connu, et ce Warhammer 40k (oui, c'est une abréviation) ne déroge pas à la règle. En effet, sur une planète ressemblant étrangement à la Terre viennent de débarquer les troupes du Chaos, et ce sont les Ultramarines qui devront se charger, par votre intermédiaire, de régler ce petit problème. Un scénario pas très évolué pour la série fantaisiste. Qu'à cela ne tienne, on se retrouve face non pas à un jeu d'action comme cela aurait pu être le cas sur la console au double écran, mais à un jeu de stratégie au tour par tour.
Le jeu se découpe donc en missions, ayant des objectifs inhérents au genre tels que "éliminez tel chef de bataillon" ou "rejoignez ce point". Avant chacune de ces missions, le joueur doit choisir l'équipement et le type de soldat à envoyer à l'attaque. Malheureusement, peu de variété sont offertes, et encore moins aux spécialistes des petites figurines. Ces derniers retrouveront quelques armes classiques de la série comme la fameuse épée tronçonneuse, principale joyeuseté parmi d'autres armes plus banales (fusil à pompe, sniper, et tout le toutim). Si ce choix des armes semble classique au premier abord, je vous rappelle que ce titre est un jeu de stratégie, et que par conséquent, ce choix, comme celui des personnages de votre escouade, influera grandement sur le déroulement de la partie qui suivra.
En effet, arrivé sur le champ de bataille, nous découvrons nos six soldats prêts à en découdre. Comment, je n'avais pas dit qu'ils étaient six ? En fait, au fur et à mesure de votre avancée dans le jeu, vous pourrez sélectionner également des unités plus blindées pour remplacer un de vos équipiers. De retour dans la partie, il est temps d'envoyer nos soldats accomplir leur but, à savoir détruire tous les ennemis présents sur leur passage. Seulement voilà, stratégie oblige, chaque personnage dispose d'un certain nombre de points d'action (PA), points qui seront distillés au fur et a mesure de vos déplacements et affrontements. La quantité de points disponible est déterminée par la classe de votre personnage ainsi que de l'arme et du nombre de munitions avec vous (plus vous en aurez, moins vous aurez de points). Il convient donc de diriger ses joueurs à l'aide d'un curseur, afin de déterminer la destination de chacun. En pointant sur un ennemi, vous pourrez engager la procédure d'attaque. Mais là encore il va falloir se délester de PA, car selon la distance à laquelle votre personnage se situe par rapport à l'ennemi, il faudra utiliser plus de points pour augmenter la précision de son tir. Système judicieux, mais qui nous fait parfois oublier de nous replier, ou du moins d'aller nous cacher derrière un élément du décor. Une fois que vous aurez effectué les mouvements pour chaque soldat en les ayant sélectionnés un à un par une laborieuse pression sur les gâchettes de la console, vous pourrez clamer haut et fort : "j'ai fini mon tour !".
Pas en vrai évidemment. Les fonctionnalités de la DS ne sont en effet que peu utilisées, hormis le double écran affichant la carte de l'aire de jeu ainsi que les positions amies et ennemies. Revenons à nos soldats. Une fois votre tour fini, c'est l'intelligence artificielle qui prend le relais et qui ne fera pas de cadeau. La difficulté du titre est en effet assez relevée, mais pour autant pas rebutante. Les contrôles sont en effet étonnament simples : la croix dirige le curseur, et A valide l'action. Pouvait-on faire plus simple pour les fonctions basiques ? Voila qui rend le jeu bien plus accessible, malgré les parties qui s'étendent sur la longueur, le système de déplacement de l'escouade se voulant particulièrement lent, malgré la possibilité de diriger plusieurs unités à la fois. Dès lors, on accroche où non à l'univers, qui est soutenu par des graphismes et un bande sonore tout ce qu'il y a de plus acceptable pour la console, arborant une 3D très fouillée, provoquant parfois de très légères saccades, notamment lors des fréquentes explosions. Les caméras sont assez bien placées et les éléments du décor dissimulant vos personnages perdent en opacité afin de permettre de suivre l'action. Quant aux sons, ils ne sont composés que de bruitages, assez réalistes mais n'arrivant pas à combler le manque d'ambiance des parties. Car appuyé par la lenteur de l'action, le manque de son se fait cruellement sentir et on attend les tirs et les explosions pour entendre quelque chose.
Tout seul, c'est bien. La campagne est assez longue, et l'on découvre les quelques environnements avec plaisir. Mais à plusieurs, c'est encore mieux. En effet, le soft, non content de proposer un mode multijoueurs en local jusqu'à huit joueurs, permet la même folie mais à travers la planète. L'occasion de retrouver les fans de Warhammer pour une partie sanglante, quand il y a du monde. Oui, ce jeu s'adresse avant tout aux fans de l'univers Warhammer, mais rate en partie le coche. Car si la simplicité des contrôles et des mécanismes de jeu pourront attirer le joueur lambda fan d'action, ce dernier sera rebuté par le manque de renouvèlement et la relative lenteur de l'action. Quant aux aficionados, ils seront majoritairement déçus de la faible variété d'unités. Le jeu des contrastes, qui n'en reste pas moins sympathique pour celui qui veut se lancer dans un jeu de stratégie inspiré.