Il y a plus de deux ans, Capcom créait la surprise en transformant la saga horrifique Resident Evil en un jeu d’action. Gardant une ambiance tout aussi oppressante, le titre fut un succès sur GameCube, puis sur Playstation 2 avec des modes de jeu inédits. De retour en 2007, Resident Evil 4 revient sur Wii, créant une synthèse des deux précédentes versions avec les contrôles spécifiques à la console.
Peu de temps après les évènements de Resident Evil 3, notre bon héros Leon S. Kennedy est contraint de reprendre du service pour une tâche on ne peut plus existentielle : sauver la fille du président américain, enlevée et emmenée en Europe. C’est donc avec joie que Leon débarque accompagné des autorités locales à l’orée d’un village de campagne. L’action peut commencer. Armé d’un pistolet, Leon avance lentement sur le tapis de feuilles mortes de cette nature désolée. Après avoir aidé (ou pas) un loup piégé dans… un piège à loup, une première maison isolée se présente à nous. A l’intérieur, un homme, qui ne semble pas vouloir répondre aux questions de Leon. Irrité, il s’empare de sa hache et nous attaque.
Moult méchants
Première phase de véritable action, la caméra derrière l’épaule de Leon. Le pistolet dégainé, le joueur va devoir tirer avantage des contrôles qu’offre la Wiimote. En visant simplement sur l’écran, à l’aide d’un réticule un peu gros, on arrive à viser la tête de notre camarade bûcheron. Le cauchemar commence, car d’autres autochtones pas très accueillants attendent à l’extérieur du baraquement. Il est plus que temps d’évoquer plus précisément les contrôles, qui pourront dérouter les nouveaux joueurs.
En effet, si le réticule est bien affiché lors des phases de déplacement, on ne peut pas tirer en mouvement. Pour cela, il faut maintenir le bouton B pour dégainer l’arme en main, puis appuyer sur A pour tirer (secouer la Wiimote pour recharger). La couleur du réticule permettra de distinguer un ennemi d’une parcelle de décor. Les autres boutons de la Wiimote permettent quant à eux d’ouvrir l’inventaire, la carte, et toutes les fonctions inhérentes à un jeu d’action. Le Nunchuk, quant à lui, sert à se déplacer. Mais attention, tout comme dans les autres versions, il n’est pas question de faire des pas de côté, défaut vraiment dommage. Qu’à cela ne tienne, les villageois restants fraîchement occis, il reste à s’acheminer vers le village, en évitant les fourbes pièges disséminés.
A l’arrivée, une multitude de villageois zombifiés arrivent en horde vers nous, nous obligeant à fouiller les maisons à la recherche de munitions, qui sont bien évidemment en nombre limité. En cas de panne de plomb, il restera la fidèle lame du couteau, utilisable en secouant la Wiimote. Dès le début du jeu, le stress commence à monter, face au manque de munitions flagrant face au nombre de villageois arrivant vers nous inlassablement…
La cloche de la chapelle retentit. Comme possédés, les villageois se replient vers un édifice, nous laissant seul, dans un silence presque aussi pesant que les râles des villageois. Une mise en bouche bien palpitante pour ce qui sera une aventure de tous les dangers. L’ambiance sonore du titre complète l’ambiance graphique somptueuse par des bruitages plus vrais que nature, et des musiques angoissantes aux moments opportuns. Les graphismes, eux, s’en sortent aussi bien, offrant ce qu’on a pu voir de mieux sur la console, avec des textures fines et des effets superbes (notamment les flammes). L’animation des personnages est sans faille, et tout est parfaitement fluide… encore heureux pour un jeu d’ancienne génération. Heureusement le renouveau de la maniabilité joue beaucoup en faveur du titre, qui dispose déjà d’une grande variété de situations et de décors. Campagne, grottes, château, égouts, laboratoires, tout est bon et se suit avec une cohérence presque parfaite. Lors de certains passages, notamment lors des scènes cinématiques (avec le moteur du jeu), le joueur devra réaliser une action contextuelle (appuyer sur un bouton ou secouer la Wiimote) afin de se sortir d’une situation délicate. Le sentiment de vulnérabilité et de survie est également soutenu par l’espacement des points de sauvegarde au cœur des chapitres.
Leon fait les poubelles
Tout est bon à ramasser dans Resident Evil 4. Chaque boîte ou baril referme un petit trésor, que ce soit des pesetas ou des munitions. Parfois, ce sont même des objets plus précieux, qui pourront être revendus à un marchand itinérant que l’on retrouvera un peu partout, toujours en sécurité. Cet homme nous proposera des armes ou des soins, ou achètera nos objets inutiles. Il proposera aussi au fil du temps, des améliorations pour nos armes, améliorant la vitesse de rechargement, la puissance ou la contenance. Mais l’objet le plus important que le marchand proposera, c’est bien la mallette ainsi que ses évolutions. En effet, dans Resident Evil 4, le héros n’a pas de besace magique dans lequel il peut ranger trente-six flingues et treize potions. Non, Leon dispose d’une mallette quadrillée, autant d’espace disponible selon la taille des objets plus ou moins importants. Pour pouvoir tout prendre, il faudra organiser les objets dans la mallette, comme dans un bon vieux puzzle-game. Alors évidemment, pendant la partie Leon n’a pas la mallette non plus, ce qui met à plat ma démonstration, pourtant cela rajoute un peu de réalisme très appréciable.
Après une certaine évolution dans la partie, un élément perturbateur vient s’immiscer : la fille du président. En effet, une fois retrouvée, il va falloir s’enfuir. La petite Ashley va donc nous suivre sagement, restant sans défense. Le joueur a maintenant deux personnages à surveiller, mais peut quand même diriger la fille par deux ordres, « reste » et « suis-moi ». Si elle meurt, la partie est finie. Heureusement, un habile système de soin existe, en la présence d’herbes de couleur (vert, jaune, rouge) qui peuvent se combiner et ainsi améliorer la santé maximale de Leon par exemple. Et il en faudra de l'énergie, avec le bestiaire qui attend notre pauvre Leon et sa blonde nunuche : des villageois mous aux chiens zombies, en passant par les incontournables Regenerados, repérables à leur râle brisant le silence... Les boss ne sont pas en reste, avec le désormais classique géant El Gigante, ou une immense plante transgénique dévastatrice.
La durée de vie du jeu est très correcte, surtout pour le genre, proposant une petite quinzaine d’heures de jeu pour l’aventure principale. Deux modes de difficulté se présentent au début, il faut savoir que le mode Facile est amputé de quelques passages, réduisant par là même la durée de vie. En dehors de l’aventure, qui peut être recommencée avec des armes et costumes supplémentaires, trois modes de jeu viendront gonfler l’attrait final de la galette : deux modes mettant en scène la plantureuse Ada, l'un reprenant son rôle dans l'aventure, l'autre mettant en place des missions à travers cinq niveaux ; ainsi qu’un mode complètement bourrin prenant lieu dans une arène, avec un maximum de vilains à exterminer avant la fin d’un chronomètre. Au final, si vous n’avez jamais touché à Resident Evil 4 auparavant, il vous le faut absolument, pour l’ambiance inimitable, par une bande son et des graphismes très soignés. Come back anytime !