Jeu vidéo et cinéma n'ont jamais fait très bon ménage, dans un sens comme dans l'autre, et rien que pour ça, on peut se demander quel sort attend nos quatre fantastiques héros aux capacités exceptionnelles. L'homme élastique, la Chose, la Torche, et la femme invisible sont prêts à déjouer un complot intergalactique.
Tout commence dans une grotte lorsque les quatre héros se mettent à chercher la source d'émission d'énergie cosmique. Ne me demandez pas ce que c'est, je n'en sais rien et ce n'est de toute façon pas expliqué dans le jeu. Commence alors le premier niveau souterrain qui servira de didacticiel afin d'expliquer les fondements de la jouabilité très évoluée du titre. Une touche pour taper, une autre pour sauter, et un pour un coup spécial pas très spécial. Pas assez varié ? Rassurez-vous, de nombreuses phases de jeu sont disponibles selon le personnage incarné, puisque chaque niveau met en scène un personnage précis. La Chose, l'homme élastique et la femme invisible sont cantonnés à de la plate-forme composée de moult précipices et interrupteurs, et la Torche fait quant à lui partie d'une phase de shoot vertical.
La vérité est ailleurs
Seulement pas la peine de se leurrer, car le jeu est bel et bien tel qu'on pouvait l'attendre. Nul. En remontant aux prémices de la plate-formes, on peut s'apercevoir que Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent fait presque pâle figure face à certains titres sortis sur NES, tant son intérêt est limité et sa maniabilité rigide. Si graphiquement le jeu s'en sort convenablement, offrant une 2D propre sans être pour autant magnifique, ainsi que des personnages principaux très bien animés, il n'en est rien du reste. Aussi, outre une variété complètement inexistante dans la manière d'évoluer au sein des niveaux, dignes des balbutiements de la plate-forme, à base de pieux qui tombent du plafond, d'ascenseurs à activer, et de méchants idiots à bastonner, on peut noter un problème évident de maniabilité. Le héros que l'on contrôle ne peut pas courir, ni même se baisser pour éviter certains projectiles envoyés par des ennemis aussi idiots que laids. Les sauts ont l'air d'être prédéfinis, suivant une courbe bien précise, je n'ai d'ailleurs jamais eu le courage d'essayer de changer de direction pendant un saut, histoire d'ajuster mon atterrissage sur telle ou telle plate-forme mobile. De toute façon, le pathfinding des éléments est si grossier que le personnage pourra aisément être à trois quarts en dehors de la plate-forme et rester quand même dessus.
Surfer d'Argent mon héros
Tout cela ne rendrait pas forcément le jeu insupportable si le concept en lui même n'était pas complètement foireux. Rendons-nous compte : sur les quatre personnages aux super pouvoirs, aucun ne prend parti de ses dons extraordinaires pour évoluer au sein des niveaux. Pire, cela joue parfois en défaveur du titre. En effet, si le pouvoir de la Chose se limite à frapper fort, celui de l'homme élastique à atteindre les ennemis plus loin, il faudra noter le pouvoir de la femme invisible, qui je vous le donne en mille, n'est pas de se rendre invisible. Non, elle dispose plutôt d'une sorte de bouclier lui permettant de voler, si possible au dessus de tout le niveau histoire d'arriver à la fin en trente secondes. Venons-en à une autre phase du jeu, celle du shoot'em'up engagée par la très brûlante Torche. En défilement vertical usant des deux écrans de la console, le joueur reste appuyé sur le bouton de tir le long du niveau, attendant que les ennemis viennent se jeter sous ses tirs. Un point négatif à noter d'emblée : l'écart entre les écrans n'est pas pris en compte, si bien que les ennemis arrivent bien plus vite qu'on pourrait le croire. Si cela est pourtant bien la meilleure partie du jeu, elle n'est pas transcendante non plus. Le décor de fond est passable, et au final ne sert à rien puisque même si le joueur passe dans une grotte, il ne prend aucun risque à bouger dans tout l'écran, même au-delà des parois de ladite grotte. De temps en temps, le défilement s'arrêtera le temps de battre des ennemis en groupe. A la fin du niveau, un boss crachant mille projectiles, trop facile mais très agréable.
En parlant de boss, entre chaque chapitre subtilement mis en scène se situe un combat au cours duquel nos quatre héros sont réunis. Au menu, une utilisation exclusive du stylet donnant lieu au combat le plus soporifique auquel j'ai pu m'adonner depuis bien longtemps. Situé sur l'écran supérieur, le gros méchant use trois techniques distinctes (qui ne changent pas selon le boss) : le lancer de projectiles, que l'on doit toucher avant qu'ils ne nous atteignent, le gros laser, qu'il faut stopper en dessinant sans relâche une barrière devant nos héros, ou encore les gros pieux qu'il faut arrêter en dessinant plusieurs fois autour. Manière louable d'utiliser le stylet, cependant ces affrontements sont vite fatigants, d'autant qu'ils peuvent durer presque dix minutes ! Heureusement, on retrouvera vite le Surfer d'Argent, après seulement une heure et demie. Malheureusement, il ne servira que lors du dernier niveau, combat final contre un boss très méchant reprenant le principe de la phase du shoot'em'up. Cependant une fois ce combat terminé, le jeu l'est aussi. Il ne reste au joueur qu'à revenir à l'écran titre, et à se dire : et maintenant ? Et bien maintenant mon gaillard, tu va pouvoir repartir à la quête des super couvertures de comics ! Car dans chaque niveau, il y a trois gemmes à collecter pour acquérir une couverture de comics. Malheureusement, c'est tout, et il n'y a aucun moyen de passer à un niveau spécifique, il faut recommencer le jeu depuis le début ! Joie.
Alors non, les Quatre Fantastiques n'ont de fantastique que le nom, tant ce jeu est insipide, vide de contenu, et rébarbatif. Vous êtes prévenus !