Cette semaine s'est déroulé le Nintendo Day 2006 à Paris et c'est en les personnes de Florent Berault, Loup Chatel et Noé Lecombre que Prototype Network était présent. Plutôt que de faire un dossier par rédacteur nous avons pensé qu'il serait plus simple de concentrer dans celui-ci toutes leurs impressions sur le salon.
Les impressions de Loup Chatel
Haaa quel bonheur de pouvoir enfin voir, toucher, tenir la manette de la Wii dont on nous accable d'images depuis tant de temps ! Première constatation : Pour une "télécommande", la Wiimote tient très bien en main et on ne note pas de déséquilibre particulier (malgré le fait que les compartiments à piles étaient vides). Jouer à Wii Orchestra est un jeu d'enfant, alors que Wii Sports Baseball et Golf demandent un peu plus de précision dans les mouvements. Wario Ware, de son côté, est un défouloir absolu : une image vous montre la position à adopter avec la manette et vous devez ensuite comprendre le but du jeu, le tout en moins de 5 secondes évidemment : prendre un virage en voiture (la manette est votre volant), faire rebondir une balle de tennis (la manette est votre raquette), ouvrir une porte (la manette est votre clé), mettre le dentier d'une grand-mère (la manette est pleine de bave), le tout s'avère très simple à comprendre et à effectuer, et il existe des dizaines d'épreuves ! Revenons maintenant à Wii Sports Tennis, qui gère presque tous les coups possibles avec une raquette, et qui malheureusement ne fait, à l'instar de tous les jeux dont le nom comprend "Wii", pas le poids graphiquement. Oui, on sait, ces jeux seront offerts avec la Wii, mais est-ce vraiment une raison valable ?
Difficile d'approcher Red Steel vu le nombre de joueurs massés devant l'écran... Et on les comprend : Face à la simplicité des graphismes des autres jeux présents, Red Steel faisait figure de modèle, malgré un aliasing assez gênant (à la décharge des développeurs, les écrans du salon étaient des écrans HD). Les mouvements des armes à feu et des sabres étaient bien rendus, et la possibilité de se mettre en garde et de parer les coups de sabre de l'adversaire ont l'air fort utiles.
Du côté de la DS, pas mal de jeux intéressants étaient à essayer : Tout d'abord, Zelda Phantom Hourglass, dont la maniabilité était réellement impressionnante de facilité. Le stylet dirige la fée, vers laquelle Link marche lorsqu'on la déplace. Un clic sur un ennemi, Link bondit dessus et l'extermine d'un coup d'épée. Elite Beat Agents de son côté était relativement difficile, car taper sur les cercles en rythme requiert un peu d'entraînement ; cependant les musiques et les graphismes étaient vraiment de bonne facture. Yoshi's Story 2 était réellement un descendant en droite ligne de Yoshi's Story, car malgré mes efforts je n'ai pas réussi à noter une utilisation intéressante du deuxième écran et de l'écran tactile, ceci dit les graphismes étaient honnêtes, malgré la perte de cette touche "crayon" si spécifique dans les décors. Big Brain Academy, au mode solo assez pauvre, prend réellement tout son intérêt en multijoueurs avec des jeux de logique, de calcul et d'observation sur lesquelles on pourrait passer de longues heures si il n'y avait pas quelqu'un pour prendre la place après.
Les impressions de Florent Berault
Ces quelques heures passées en compagnie des dernières nouveautés de Nintendo furent clairement un succès. Entre la DS et la Wii, aucune console n'avait à rougir. La DS tout d'abord, avec de grands jeux, comme le peu attendu Cérébrale Académie, auquel nous avons joué à 8, propose de bons délires à répondre au plus vite à des questions de logique. Zelda : Phantom Hourglass nous présentait 4 phases de jeu, Donjon, Boss, Navigation Marine et Extérieur. Le contrôle est optimal au stylet et pourfendre les ennemis est vraiment facile. Plus loin, StarFox, Yoshi's Island, Donkey Kong Vs. Mario 2, et Tenchu, ne m'ont pas convaincu. Yoshi est une vrai copie à deux écrans du premier épisode, StarFox est sympathique mais un peu lent, DKVs.M2 est assez déroutant question gameplay, et Tenchu est tout simplement hideux. Mario Hoops 3-on-3 et Elite Beat Agents m'ont plus motivé, l'un proposant un jeu de basket simple, fun, très fluide mais un peu trop facile, et l'autre des musiques diablement fun et un contrôle très distrayant.
Mais la grosse partie du salon était bien entendu restée au rez-de-chaussée, où la Wii nous attendait. Les grosses franchises Nintendo étaient absentes, mais l'ambiance quand même au rendez-vous. Wario Ware, avec ses micro-jeux, a été une bonne surprise, variant les plaisirs dans des situations loufoques. Le jeu répond parfaitement. Wii Baseball, un concept simple et très limité, on tape, on voit la distance, et voila. Golf est très technique, swinger est tout un art que les hôtesses nous ont gentiment enseigné. L'art du putt est tout aussi strict mais extrèmement précis. Un régal. En multijoueur, on ne pouvait passer à côté de Duck Hunt, on prend les télécommandes et c'est parti pour un jeu à la Point Blank, avec shoot de cibles et de canards. Le must fût certainement le Tennis. J'appréhendais la rencontre avec ce jeu, mais il est tellement simple, tellement accrocheur que l'on n'en décolle mystérieusement plus. On enchaîne partie sur partie, un coup avec la manette, et le joueur à l'écran le reproduit ! Revers, coup droit, services, tout le monde a joué et à adoré. Même Mathieu Minel, le directeur Marketing de Nintendo France, s'est essayé à une petite partie contre moi, c'est pour dire si tout le monde était de la fête. Red Steel, de son côté, m'a paru un peu moins flamboyant qu'en vidéo. Tout d'abord, les graphismes (ici sur des TV HD) ne reluisaient pas, un aliasing assez affreux envahissait les scènes graphiquement moyennes par rapport à un Cube. Côté contrôles, un petit temps d'adaptation est nécessaire notamment pour rester en permanence dans l'écran. En fait, si on pointe en dehors, les commandes de la vue ne répondent plus. Assez embêtant, mais pas problématique. Les combats sont sympa, et les joutes au sabre sont encore un peu trop raides, notamment au niveau des coups que l'on donne. Le jeu sortira, selon Ubi Soft et mes oreilles avisées, en Novembre, l'équipe d'Ubi en est au fignolage graphique. Mais mon coup de coeur absolu est dévoué à Wii Music : Orchestra, une expérience très accrochante, vous savez, le jeu dans lequel on joue un chef d'orchestre ! Sur la musique de Zelda ou de Carmen, les gestes mènent le rythme. En effet, les mouvements de la manette influent sur le rythme de la musique. Encore plus fort, la force des gestes accentue la puissance des instruments. On se retrouve à faire laisser une note en continu en ne touchant plus a rien, avant de repartir en rythme. Un grand moment.
Au final, les deux sonsoles étaient reliées par des fils, la mannette Wii pour son alimentation, et la DS Lite pour éviter qu'on la vole. Un dispositif particulièrement insupportable, imaginez une DS Lite affublée d'une armure en métal, le tout rattaché par un fil de pomme de douche à une table basse.
Coups de coeur :
Wii : Orchestra, Tennis, Wario Ware Smooth Moves
DS : Mario Hoops 3-on-3
Les impressions de Noé Lecombre
Enfin la Wii entre nos petites mains fébriles de gamer affamées de nouveautés. Après un repas diététique à la sauce ketchup et au coca qui pique nous nous rendons « in situ » pour essayer de jouer tant bien que mal à la future console de Nintendo. Pas de portable, pas d’appareil photo, pas de caméra, rien, bref c’est le texte qui va parler. Passé les vigiles, juste à l’entrée, une magnifique vitrine contenant la console, le Wiipad, le Nunchaku, le Classical Pad ainsi que l’extension « pistolet » donne l’eau à la bouche. La console est vraiment minuscule, pas plus grande qu’une boîte de DVD. Tout le monde rigole et sourit bravement, des jeunes, des vieux, bref tout un panaché d’âges de 7 à 77 ans jouant aux quelques jeux disponibles sur le stand : Wii sports, Wii orchestra, Red steel et Duck hunt. A l’étage étaient présentes des DS lite auxquelles on pouvait jouer bien tranquillement, installé dans un pouf, en attendant de pouvoir lâcher ce jeu débile de fléchettes pour pouvoir tâter Starfox ou Mario Hoops.
Le premier jeu auquel j’ai joué est certainement celui m’a le plus attaché : Wii orchestra. Le principe ? S’amuser à varier le rythme de la musique avec le Wiipad… et c’est tout ? Oui monsieur, un score s’affiche à chaque fin de partie pour indiquer votre pourcentage de virtuosité. Une pression de quelques boutons pour commencer la démo, les violonistes s’accordent et le jeu vous demande de marquer la mesure en alignant 4 battements de bras énergique afin de commencer la chanson. La mélodie de Zelda ou Carmen commence, et là libre à vous d’interpréter le morceau comme bon vous semble ! Rapide, ou lent, la console calcule l’intensité et la rapidité de votre geste pour varier le volume et le rythme, purement jouissif. Peu importe votre mouvement, de haut en bas ou de gauche à droite, des « U » ou des lignes droite, la machine ne calcule que l’accélération de votre main. Bien sûr on a du mal à trouver comment Nintendo va vendre ce jeu, mais gageons qu’un téléchargement de musique ou même du jeu sur Internet sera de la partie.
Après Wii orchestra, place à Wii sports, ou plus précisément le tennis. Bien sûr rien de remarquable au niveau des graphismes, si ce n'est les textures un peu trop métallisées des personnages. On vous donne la manette, et à vous le service : levez le pad de manière énergique pour lancer la balle en l’air, et une fois vers la raquette il vous suffit du faire le geste frappe pour que la balle arrive droit chez votre rival. Chaque équipe dispose de deux joueurs obéissant au même mouvement tout
les deux et simultanément. Une balle courte pourra donc être renvoyée par le joueur le plus près du filet, ou bien plus longue avec le joueur principal le plus près de l’écran. Entre les mains ce n’est que du bonheur, les coups partent très vite et le temps d’adaptation est presque nul ! Les personnages se déplaçant tout seul vous n’aurez juste qu’à frapper la balle au bon moment pour essayer de marquer des points. Coup droit, revers et smash sont les quelques coups facilement accessibles, il est également possible d’envoyer la balle un peu plus en l’air pour faire un lob, mais tout ces mouvements sentent bien sur le prédéfini : vous faites un geste avec votre main, la console calcule et cherche la frappe la plus appropriée, ça se sent, mais il n’y a que comme ça que ça peut marcher, et ça n’en reste pas moins très naturel dans le fond. Par contre le terrain est très petit et les balles sorties arrivent assez souvent, le jeu n’était pas très tactique, on se contentera de l’excellent fun qu’il procure.
Continuons en si bon chemin, un peu de baseball nous fera du bien. Ici pas de rival à vaincre, pas de « feeling », tout est dans la force et le reflex. La balle est lancée, prenez votre plus belle position de batteur ou non, le principal c’est de taper quand la balle arrive sur vous. La console ne traduit pas votre mouvement par un geste préenregistré cette fois-ci, et vos mouvements correspondent exactement à ce qui est traduit à l’écran. C’est très sensible, presque trop, le joueur paraît un peu tremblotant car votre main est toujours en mouvement. Une fois la balle frappée la distance s’affiche, c’est soit à côté, soit un home-run, soit hors du stade et là c’est le record assuré. Un jeu pas très intéressant, juste à essayer pour se moquer des mauvais scores de vos comparses. On regrettera que le jeu soit assez aléatoire, et pour des mouvements pourtant bons, la balle peut parfois partir sur les cotés ou derrière le joueur.
Dernier jeu de Wii sports, le golf. Vous êtes un golfeur et la position de ce golfeur est presque indispensable, le mouvement de votre bras doit être très technique pour que la console l’accepte, mais une fois bien en main on s’y fait. Une jauge graduée est présente sous votre joueur pour indiquer la puissance de votre tir, cette même jauge se trouve sur le terrain, en ligne droite depuis la crosse. Une unité de la jauge correspond à une barre sur le terrain, à vous de doser votre balle, le sol pouvant être en pente et la balle plus ou moins loin du trou, il est donc possible d’orienter votre tir dans la direction appropriée. Ce jeu de golf est donc très sympa et un peu plus technique et prenant dans le sens « défi » que les deux autres jeux de Wii sports présents sur le stand.
On passe dire coucou à Mathieu Minel, on croise quelques employés d’Ubisoft, et on souri aux charmantes hôtesses. Après quelques minutes de queue on trouve une place pour Wario Ware : Smooth moves et encore une fois c’est le pied. Toujours aussi comique et rapide que ses prédécesseurs, cet épisode vous annonce cette fois quelle position adopter pour effectuer le jeu. Les plus ridicules étant le hoola-hoop ou les exercices de musculation des jambes demandant un investissement physique plus considérable que les autres (mettre la manette sur sa taille et faire des mouvements de hanches rapides ou poser le Wiipad sur sa tête tout en pliant les deux guibolles). Certains n’hésiteront donc pas à tricher (hein FloB) pour au final ne garder que la même position de jeu, mais là c’est franchement moins drôle et se prendre pour un body builder est plutôt sympathique. Encore une fois c’est en double teinte, certains jeux étant purement géniaux, et d’autre assez ardus et agaçants. Nous passerons le jeu de sabre dans lequel il est normalement nécessaire de sortir l’arme de son fourreau afin de trancher une bûche, mais là n’importe quel mouvement de bras coupe la bûche dans le même sens… assez ridicule. Les jeux en position conduite de voiture sont très drôles, certains défis d’équilibre sont aussi excellents, mais d’autre mini-games ou la notion de profondeur entre en compte ne sont pas très précis et parfois énervants. Les quelques mini-jeux présents sont donc en majorité excellents, Wario Ware a donc trouvé sa console, c’est bien la Wii.
Un bref aperçu de Duck hunt, deux joueurs chacun avec son pointeur (bleu et rouge) pour se friter à coups de meilleur score. Des cibles apparaissent, le joueur qui en tire le plus a gagné, après les cibles, places aux palets, puis aux OVNI, puis aux fameux canards. C’est précis mais peut être un peu rapide. Là encore, comment va finir ce Duck hunt ? Peut être en rien, juste en démo E3.
On se décide alors à jouer à Red steel, je jeu ne passe pas inaperçu et une bonne heure d’attente était certainement nécessaire pour jouer. Bizarrement le jeu ne nous attire pas des masses, le genre FPS étant déjà vu et revu. D’aspect visuel le jeu n’est pas vraiment beau, tout juste comparable à la PS2 et encore pas les plus beaux jeux. Les écrans étant HD et les jeux ne l’étant pas tout était donc plein de gros pixels, mais en tout cas il faut être aveugle pour ne pas remarquer que les textures sont pauvres et que la modélisation est assez grossière. De petits plus sont à remarquer, comme certains effets de lumière ou des reflets assez jolis à certains endroits. Malgré le peu de temps de jeu dont nous disposions le soft paraît clair : le nunchaku est là pour déplacer le joueur, le faire sauter ou ce baisser, tandis que le Wiipad sert à viser et tirer. C’est très sensible, il est donc obligatoire de ne pas faire de gestes trop brusques, il faut juste pointer l’écran et orienter le pad dans la bonne direction. Le personnage est rapide et répond bien, un mode de visée en zoom est également disponible pour plus de précision. Le rapport entre joueur et arme est assez fin : inclinez la manette dans un sens et ce sera immédiatement traduit à l’écran. C’est donc très sympa, mais le mode de visée reste quand même assez imprécis, tout cela étant dû à une sensibilité trop élevée du pad, on rate donc souvent sa cible. Les ennemis sont presque tous les mêmes et les décors shootables assez répétitifs. Les combats à l’épée de sont pas si injouables que ça à mon goût, tournez le nunchaku pour vous défendre et faites de grand mouvement comme avec un sabre pour taper… Les ennemis ont un Q.I de moule donc c’est assez facile de leur placer de coup et de les parer quand ils en donnent… Au final la démo laisse un goût assez amer, loin d’être un déception, c’est pour moi un jeu « en cours » où un temps d’adaptation est nécessaire pour bien comprendre toutes les ficelles du soft.
Au final la Nintendo Wii ne nous a pas menti, y jouer c’est l’adopter, quelques balles de tennis, un remix de Zelda et du shoot de yakuza, il n’y a que ça de vrai, loin de nos vieilles Wavebird statiques, la console plonge le joueur dans le jeu et tout ça avec les vibrations (mais sans haut parleur, ces derniers n’ayant pas été prévus sur les démos). Moi la Wii j’achète, en espérant un engouement de la part des éditeurs tiers pour que chacun puisse réaliser le jeu de ses rêves sur une console de rêve. Espérons également que Nintendo n’aie pas complétement fait une croix sur les graphismes, car même si certains jeux de l’E3 sont de toute beauté, sur ce stand on ne dépassait pas la NGC.
Le mot de la fin
Voilà, ce dossier est terminé, j'espère que vous avez pu vous faire un avis sur la Nintendo Wii et sur les prochains hits à venir sur Nintendo DS !